L’escalade au Moyen-Orient à la suite des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, la poursuite de la guerre en Ukraine, désormais dans sa quatrième année, et l’expiration du traité New START entre Washington et Moscou dessinent un contexte d’incertitude stratégique accrue. La polarisation croissante entre blocs géopolitiques et l’affaiblissement des cadres de contrôle des armements nucléaires renforcent la dimension systémique des risques mondiaux.
D’un point de vue économique, le principal canal de transmission de ces tensions reste l’énergie. Le Brent s’échange autour de 90 dollars le baril, intégrant une prime de risque liée au détroit d’Ormuz, tandis que les prix du gaz en Europe ont enregistré des hausses à deux chiffres. Bien que certains facteurs atténuants existent, notamment des capacités d’exportation alternatives dans le Golfe et des niveaux de stockage relativement élevés en Europe, une perturbation prolongée pourrait raviver les pressions inflationnistes à un moment délicat pour les économies avancées.
- Sur les autres marchés de matières premières, le cuivre s’est stabilisé après avoir atteint des niveaux record, soutenu structurellement par les tendances d’électrification et des contraintes d’offre. L’aluminium et le nickel se maintiennent à des niveaux élevés, reflétant des restrictions d’approvisionnement et une demande liée à la transition énergétique. Du côté des métaux précieux, l’or évolue dans une fourchette comprise entre 5 200 et 5 400 dollars l’once, après une hausse exceptionnelle en 2025, et continue de jouer son rôle de valeur refuge face aux risques géopolitiques et monétaires. Les marchés agricoles présentent une dynamique plus hétérogène, avec un regain de pression à la hausse sur le blé et le soja, tandis que le cacao connaît des corrections marquées.
- Parallèlement, la guerre commerciale est entrée dans une nouvelle phase juridique après que la Cour suprême des États-Unis a limité l’usage étendu des pouvoirs exécutifs en matière de politique tarifaire. Néanmoins, l’activation immédiate d’un tarif mondial temporaire de 10 % confirme qu’aucune désescalade substantielle n’a été observée à ce stade.
- Sur le plan monétaire, les principales banques centrales se trouvent dans une phase de pause ou d’ajustement fin. La Banque centrale européenne maintient son taux de dépôt autour de 2 %, dans un contexte d’inflation proche de la cible et de croissance modérée. La Réserve fédérale maintient le taux des fonds fédéraux dans une fourchette de 3,50 à 3,75 %, tout en conservant une approche dépendante des données, laissant la porte ouverte à un assouplissement supplémentaire. La Banque d’Angleterre signale de nouvelles baisses graduelles, tandis que la Banque du Japon poursuit, à l’inverse, une normalisation progressive, avec un taux directeur à 0,75 %. Les conditions financières demeurent globalement stables : l’euro évolue autour de 1,17 dollar, l’Euribor à 12 mois s’établit à 2,22 %, et les spreads souverains des pays périphériques de la zone euro restent contenus.
- Du point de vue macroéconomique, la croissance demeure modérée mais résiliente. Les États-Unis ont entamé l’année avec une activité en expansion (ISM manufacturier à 52,6 et mises en chantier de logements à un rythme annualisé de 1,48 million), un marché du travail robuste et des signes persistants d’atterrissage en douceur, bien que certains indicateurs avancés suggèrent un ralentissement à venir. Dans la zone euro, le PIB a progressé de 0,3 % au quatrième trimestre 2025 (en glissement trimestriel), avec une croissance attendue autour de 1,2 % en 2026 et une inflation déjà proche de 2 %. Au niveau des pays, l’Espagne a mené la croissance au quatrième trimestre (+0,8 % en glissement trimestriel), une surperformance relative qui devrait se poursuivre en 2026.
