Une intervention militaire se matérialise au Venezuela, avec un risque de débordements vers les pays voisins.
L’intervention militaire directe des États‑Unis au Venezuela représente une rupture sans précédent en Amérique latine, entraînant une forte augmentation de la perception du risque politique dans des économies caractérisées par des ressources stratégiques et des cadres institutionnels fragiles. Dans le même temps, l’escalade maîtrisée des tensions dans le détroit de Taïwan, la nature prolongée du conflit en Ukraine et la fragilité persistante du cessez‑le‑feu à Gaza façonnent un environnement de « paix instable », dans lequel les risques extrêmes deviennent de plus en plus probables. Le résultat net est une hausse soutenue de l’incertitude mondiale, avec des effets cumulatifs sur l’investissement, les flux commerciaux et les primes de risque, même en l’absence de conflits ouverts à grande échelle.
Les tensions sur les prix des métaux, en particulier le cuivre, accentuent la volatilité des coûts des intrants au début de 2026.
Le pétrole et le gaz, en revanche, jouent un rôle d’ancrages désinflationnistes. Les prix du brut restent autour de 60 USD le baril, reflétant des conditions d’offre abondante et une demande devenue moins sensible à la dynamique de croissance mondiale. Parallèlement, les prix du gaz naturel en Europe se sont profondément normalisés après la crise énergétique, améliorant la compétitivité et réduisant la volatilité de l’inflation. Dans ce contexte, le cuivre se distingue comme la principale source de tension structurelle. Les prix élevés ne résultent pas de phénomènes spéculatifs, mais d’une combinaison de faibles stocks, d’une offre insuffisante et d’une demande stimulée par l’électrification, la digitalisation et la hausse des dépenses de défense. Cette divergence contribue à contenir les pressions inflationnistes à court terme tout en introduisant des risques à moyen et long terme liés aux coûts et à la dépendance stratégique.
La continuité de la politique monétaire est le scénario le plus probable pour 2026.
Le processus de désinflation a permis aux banques centrales de clore leurs cycles restrictifs et d’évoluer vers un assouplissement ou des pauses prolongées, mais de manière prudente et très dépendante des données. La Réserve fédérale et la BCE abordent leurs premières réunions de l’année avec un biais globalement neutre, privilégiant les nouvelles données sur l’inflation et le marché du travail plutôt que des engagements explicites de baisse des taux. La Banque d’Angleterre adopte une position prudente face à une croissance faible, tandis que le Japon constitue l’exception notable, poursuivant son processus de normalisation après des décennies de politique ultra-accommodante. Dans ce contexte, les taux directeurs se stabilisent, l’Euribor se consolide à des niveaux relativement bas, et le dollar américain montre une tendance progressive à la baisse face à l’euro et à la livre sterling.
L’économie mondiale aborde 2026 avec une croissance faible et des divergences marquées entre pays, l’Espagne et les États-Unis devant tirer leur épingle du jeu.
Le scénario central prévoit une croissance faible mais positive. Les États-Unis conservent une trajectoire relativement solide ; la Chine doit composer avec un équilibre délicat entre relance et stabilité financière ; et le Royaume-Uni progresse avec une croissance très modeste. Dans la zone euro, l’Allemagne reste le principal point faible, la France connaît une reprise progressive limitée par l’incertitude politique, tandis que l’Espagne se distingue comme l’économie la plus dynamique, malgré un différentiel d’inflation persistant lié aux prix de l’électricité. Dans l’ensemble, le bilan des risques reste orienté à la baisse -tiré par le commerce, l’énergie et les facteurs géopolitiques-dessinant un 2026 marqué par une stabilité fragile plutôt que par une expansion cyclique.
